chaise
Ces peintures sont faites de motifs (thème, structure ornementale, qui, le plus souvent se répète) qui en premier lieu servent à illustrer une idée notamment le déplacement subjectif de la peinture dans un espace ou d’un espace à un autre.
Tout en prenant en considération la connotation socioculturelle de la chaise, symbole de civilisation et d’autorité, peindre ce motif me permet en second lieu de me concentrer sur la réalisation sans avoir à réfléchir à la représentation.
La répétition abondante et dirigée de ce motif donne l’impression d’une agression qui prend une tout autre envergure de par la relation entretenue avec son support. Le fond noir qui renvoie à l’espace, reflète l’idée d’une invasion, précédant le fait que ces objets viennent d’ailleurs. Ce qui fut le cas pour certains peuples comme celui d’Afrique voyant arriver cet objet en même temps que les colons. Cependant ici, il n’est pas question de la conquête d’un peuple mais de celle d’un espace. Un espace qui diffère de celui qui héberge le motif. Dans le domaine de l’Art, cet humble objet pop de notre quotidien, fait son entrée remarquée avec le Fameux tableau de Van Gogh dans lequel ce siège au caractère anthropomorphique incarne l’absence. Plus proche de nous, Tadashi kawamata rompt l’isolement avec ses installations – accumulations, rapprochant les efforts autour de ses « constructions collectives ».
De manière pratiquement sérielle et non quelconque je reproduis la trace d’un geste, ce qui m’importe avant tout, c’est la forme non pas de la chaise mais de la masse de couleur dans
laquelle elle baigne.
Picturalement je n’ai pas abordé de thèmes à émotion fortes. Le motif devient l’emblème de l’autonomie plastique pour laquelle la perte de sujet est remplacée par l’introduction de sens. Pour Claude Viallat, le motif est une marque déposée, une empreinte, un geste une signature. Il peut aussi être la marque d’une production spécifique : le pliage pour Simon Hantaï, le tressage avec François Rouan. Pour ma part il est transcendance, faisant du sujet un prétexte, une structure pour la peinture.



















Bonsoir;
Je suis actuelement étudiant aux Beaux-arts de Lyon, blablabla…
J’aimerais savoir d’où viennent les trois énigmatiques photographies de groupes de chaises brisées en fin de votre article? Si vous en êtes l’auteur? Sinon, qui les a faites?
Je vous serais grandement reconnaissant de m’éclairer sur le sujet, tant il m’intéresse.
Avec tout mon respect;
Monsieur.
(utilisez si vous le voulez l’adresse que j’ai laissé à cet effet.)
Monsieur a dit ceci 29 janvier, 2010 à 23:05
Bonjour Rémi!!
Quelques mots pour t’éclairer sur ces photos qui sont effectivement les miennes.
Cette série (sur les chaises) date de ma troisième année aux beaux arts de Bourges, où au cours des deux premières années je peignais des choses quelques peu violentes (avec un petit v), par la suite j’ai travaillé sur cette violence dans tout et n’importe quoi: dans le regard d’un escargot, dans la chute d’une feuille aussi dans la lapidation d’une chaise
(en vidéo)…
Après cette dernière, j’ai fait une analogie entre ce rituel religieux, et le côté exutoire de l’art. Ma création devenant mon bouc émissaire, portant à « l’entité Art » mes pêchés…Donc toute ma production avait un but expiatoire. Pourquoi la chaise?, c’est anecdotique, un jour j’ai détruis une chaise pour ne pas m’en prendre à la personne (hihi). Après il y a la porté symbolique de l’autorité qui en prend pour son grade. Bref. Donc troisième année, année du dnap, on me sort (les profs bien entendu) que je ne passerais pas mon diplôme si je parle du sacré, donc une semaine avant l’examen d’admissibilité aux diplôme, j’ai pondu une autre histoire: celle du déplacement du motif, de son espace d’ordre à notre espace de désordre. Ce changement d’espace passait également par le sens même du mot chaise, qui parfois illustrait même ma fratrie, en l’occurrence lorsqu’on semait la pagaille et qu’il n’y avait que l’autorité parentale pour rétablir l’ordre…
Voilà pour cette série de chaise photographiée qui ne s’arrête évidemment pas à ma petite enfance, j’ai traité divers sujet au travers de ce motif. Mais bon trève de blabla!
Bonne continuation!!!
amourchammartin a dit ceci 1 février, 2010 à 17:02